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Compte rendu
Première Journée de la Neurokinésithérapie Française

Dans le cadre de leur professionnalisation, nos étudiants participent à des manifestations professionnelles.
Hélène, étudiante de 2ème année, partage sa vision sur la première journée de Neurokinésithérapie française.

« La Société Française de Physiothérapie (SFP) a organisé ce samedi 22 septembre 2018 à Marseille, la première journée française de neurokinésithérapie. Cette journée, ouverte aux étudiants comme masseur-kinésithérapeutes, était axée sur la neurologie, où différents concepts ont été abordés à travers les « mythes, réalités et perspectives ».

La SFP a pour objectif de transmettre, promouvoir et rendre accessible l’actualité et les dernières parutions concernant la kinésithérapie (physiothérapie si l’on se place dans une logique internationale). Au sein de cette organisation, il existe différentes branches (neurokinésithérapie, pédiatrie, etc) gérées par une équipe spécifique.

Après cette brève introduction, Ralph Hammond, physiothérapeute, coordinateur de soins en clinique en Angleterre et président de l’International Neurological Physical Therapy Association (INPA), qui est un sous-groupe de la World Confederation for Physical Therapy (WCPT) est intervenu. Il a démontré l’intérêt d’échanger entre physiothérapeutes, mais aussi entre les différents corps médicaux non seulement au niveau national mais d’autant plus à l’international afin d’enrichir les connaissances et pratiques existantes. À la suite de son intervention, il apparaît clairement qu’il est essentiel d’avoir une stratégie pour assurer une coordination dans les échanges. Afin d’assurer le sérieux, la qualité et crédibilité de l’organisation, plusieurs facteurs clefs ont été identifiés, notamment l’Evidence Based Practice (EBP).

Nous sommes entrés dans le vif du sujet par la suite avec J-P Regnaux, président de la SFP, qui présenta une métanalyse faisant un état des lieux de l’efficacité des approches rééducatives après un AVC. En tant qu’étudiante en 2ème année de kinésithérapie, j’ai pu découvrir les objectifs lors de la prise en charge d’un patient victime d’un traumatisme AVC (restauration et réhabilitation). Cette méta-analyse a permis de faire la comparaison entre les approches classiques (Bobath) et d’autres approches plus récentes (Shepperd, Carr). Le message véhiculé était qu’aucune approche n’était réellement plus efficace qu’une autre, et que la tendance marquait la fin du « one fits for all » en d’autres termes, qu’il existe une solution pour tous les patients.

Par la suite, nous avons pu avoir diverses interventions de kinésithérapeutes et chercheurs sur différentes thérapies et approches applicables en neurokinésithérapie. Nous avons, notamment eu une présentation sur l’imagerie motrice, qui est une reconstruction mentale d’un geste sans exécution physique. Les conclusions des études démontrent, un effet significatif sur les gestes ou l’équilibration. Par ailleurs, un patient qui a beaucoup d’aisance à se représenter mentalement le geste qu’il doit effectuer, aura plus de facilités à le reproduire rapidement, qu’un patient ayant plus de difficultés à l’imaginer. Cette remarque confirme la tendance soulevée par J-P Regnaux précédemment.
Un autre exemple de technique, ainsi qu’un retour d’expérience sur la thérapie miroir, nous a été présenté. La littérature prouve des effets positifs sur la fonction motrice des membres inférieurs et supérieurs présentant une paralysie partielle ou complète. Néanmoins, il apparaît que cette technique nécessite plus de recherches afin d’affiner son champ efficacité.
Ce sujet a permis d’évoquer un point essentiel dans l’exercice des fonctions du masseur-kinésithérapeute : la vigilance et l’esprit critique, qu’il doit adopter de façon continue face aux nombreuses sollicitations. Les concepts d’« effet neuroscience » et de « neuromythe » ont été développés. L’effet neuroscience veut qu’une plus grande crédibilité soit accordée à une idée, quand elle exploite les codes de la neuroscience (langage, images en lien avec le cerveau). Quant aux neuromythes, ils représentent l’ensemble croyances erronées concernant le cerveau découlant de données scientifiques fausses ou mal comprises. La prise de connaissance de ces concepts, pousse à se questionner sur les raisons qui nous amèneraient à adopter une technique. Est-ce la confiance ou la sympathie envers la personne qui nous l’a présentée ou les preuves scientifiques qui nous ont été présentées, qui ont défini notre choix ?

Cette journée fut très riche via les différents intervenants et sujets abordés. Etant en deuxième année d’études de kinésithérapie, ces présentations m’ont permis de découvrir ou d’approfondir les données sur les techniques pratiquées en neurokinésithérapie. Ce type d’initiative me semble être une expérience enrichissante aussi bien pour les étudiants que les masseur-kinésithérapeutes en exercice, car elle permet de garder un esprit ouvert aux nouvelles techniques, tout en restant critique vis-à-vis de ces dernières, grâce à l’appui de la littérature. »

Par |2018-10-25T09:31:12+00:0015 octobre 2018|Catégories : CEERRF|Mots-clés : , , , , , |0 commentaire

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